C’est à l’initiative d’Alain Gervreau que les Sonadori se sont réunis afin de l’accompagner dans sa préparation d'un Doctorat en Art à la Vreije Universiteit Brussel soutenu par le Koninklijk Conservatorium Bruxelles.

Les musiciens ont immédiatement été captivés et enthousiasmés par la fabuleuse histoire, encore bien méconnue, du Consort de Violons à l’aube du XVIe siècle en Italie du nord.

Les récentes découvertes musicologiques leur permettent d'expérimenter ce que pouvait être le "quotidien" d’un tel ensemble à travers ses fonctions (procession, divertissement, liturgie) son répertoire (motets, laudes, chansons) et sa nouveauté sonore (entre la viole et les instruments à vent).

Les musiciens des Sonadori osent remettre à l'honneur des situations de jeu inhabituelles: procession en plein air, chant, improvisation, bals ... Grâce à la présence de Nicolas Sansarlat dans l’ensemble, ils se sont formés à la pratique du contrepoint improvisé afin d'aborder la polyphonie du XVIe siècle de l'intérieur de sa structure.

Ils ont aussi effectué une recherche iconographique et organologique en étroite collaboration avec plusieurs luthiers et archetiers qui a abouti à la construction d'instruments inspirés de ceux de la Renaissance.Désireux de réinserrer la pratique des Companie di Violini dans un contexte vivant aujourd'hui, les Sonadori présentent au public depuis juin 2013 le fruit de leurs recherches.
Les nombreuses sessions de travail préparatoire ont installé une grande cohésion dans l'ensemble grâce au partage d'expériences musicales, mais aussi grâce à de nombreux échanges humains, musicaux, musicologiques et gastronomiques !L'enthousiasme témoigné par le public et par le milieu professionnel les a encouragés à diffuser le résultat artistique de cette aventure d'une grande richesse culturelle au plus grand nombre. Ils n'hésitent pas pour cela à proposer des animations scolaires, de petits stages, ou encore des conférences avant-concert.

Les Sonadori

Six violons Renaissance de la basse au soprano


Béatrice Linon Violon et violon exilande

Odile Edouard Violon, alto et violon exilande

Nicolas Sansarlat Contralto de violon 

Alain Gervreau Ténor de violon

Sarah Van Oudenhove Bassetto de violon

Hervé Douchy Grosse basse de violon

Béatrice Linon
Violon et violon exilande 

Béatrice est licenciée de musicologie, et diplômée au CNSMD de Lyon. Elle participe à de nombreux concerts avec des ensembles comme « Correspondances » (Sébastien Daucé), « Concerto Soave » (Jean-Marc Aymes), Amarillis (Héloïse Gaillard) ainsi qu'en orchestre avec l'OFJB (sous la direction de Christophe Rousset), les « Sacqueboutiers de Toulouse » ou l'ensemble « Pygmalion » en France (Festivals d’Ambronay, Saintes, Pontoise, Musique et Mémoire, La Chaise-Dieu, Les Grandes Eaux de Versailles...) et à l'étranger (Herne, Bremen, Nuremberg, Utrecht, Rome, Bogota...). Titulaire du CA de musique ancienne, elle enseigne actuellement au CRR de Besançon.

Odile Edouard

Violon, alto et violon exilande 

Odile fait partie des chefs de file de la deuxième génération de musiciens se consacrant essentiellement au jeu sur instruments anciens. Outre le fait d'avoir joué dans les plus grandes formations, elle se consacre essentiellement à la musique vivante en effectif plus réduit (ensemble « Sine Titulo » et « les witches ») ce dont témoignent de nombreux enregistrements chez Alpha, K617, Arcana et Harmonia Mundi. Après avoir repris pendant 10 ans la classe de Chiara Banchini au centre de musique ancienne de Genève, elle enseigne actuellement le violon baroque au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon.

Nicolas Sansarlat

Contralto de violon 

Nicolas commence sa formation au département de musique ancienne du CNR de Tours. Après des études riches à l'ENMD d'Evry (direction d'orchestre), et aux CNSMD de Paris (analyse, orchestration, direction d'orchestre, contrepoint ancien, Belle Danse…) et de Lyon (violon baroque), son parcours musical et sa curiosité l'amènent à la pratique de nombreux instruments : vièle, rebec, lira da braccio, violon, chalemie, bombarde, cornemuses, etc.

Il joue au sein des formations « Chemins de traverse », « les Coccigrues », « Concerto Soave », « la compagnie Fêtes Galantes », « la compagnie des Violons du Roy », « Diabolus in Musica », « l'ensemble Jacques Moderne », « les Haulx Menestriers », « les Musiciens de Saint-Julien »…

Alain Gervreau
Ténor de violon 

Alain est diplômé du CNSMD de Paris; depuis, il développe une technique adaptée aux différents répertoires, toujours au service de l'expression. Il partage actuellement son activité entre l’enseignement au CRR de Besançon et au Koninklijk Conservatorium Bruxelles (département "Instruments historiques"), les concerts (récitals, musique de chambre et réalisation de basses continues), et la recherche musicologique sur le violoncelle et son histoire (préparation d'un Doctorat). Il pratique la méthode Alexander avec Pedro de Alcantara avec une attention particulière à la connexion entre la pensée, la voix et le geste musical.

Sarah Van Oudenhove
Bassetto de violon 

Sarah commence la viole de gambe à l’âge de six ans avec Christian Sala, puis le clavecin avec Carole Parer au conservatoire de Perpignan. Après un passage dans la classe de Coen Engelhard au Conservatoire de Toulouse, elle obtient un premier prix au CNSMD de Lyon en 2008 dans la classe de viole de gambe de Marianne Muller. Elle rencontre ensuite Jérôme Hantaï, Wieland Kuijken, Christophe Coin et Jordi Savall lors de stages et Master-class. Elle joue et enregistre régulièrement avec les formations « l'Achéron », « la Chapelle Rhénane », « les Traversées Baroques », « Aramis », « l'ensemble Gilles Binchois », « Mare Nostrum », « la Capella Mediterranea », l'opéra de Francfort, l'European Opera Center.

Hervé Douchy
Grosse basse de violon 

Hervé est diplômé du Conservatoire royal de Bruxelles et se spécialise en musique ancienne après des débuts au sein de l’orchestre de la RTBF. Il participe à ce titre à de nombreux concerts et enregistrements avec « La Petite Bande », « les Agrémens », « Akademia », « Stuttgart Barockorchester ». Il se produit comme continuiste tant en Belgique qu’à l’étranger dans de nombreux ensembles dont principalement « le Poème Harmonique », « Il Gardellino », « La Pastorella »… Il est membre fondateur de l’orchestre baroque « les Agrémens » et contribue toujours à son développement au travers de nombreuses productions et enregistrements. Il enseigne la musique de chambre au Conservatoire royal de Mons ainsi que le violoncelle ancien au Conservatoire royal de Bruxelles.

Dimanche 6 et lundi 7

septembre 2015 à 20h15

Concert : tarif unique 11€

Gratuit pour les enfants de moins de 15 ans


Placement libre

Concert sans entracte, durée 1h environ

Réservation indispensable

par mail de préférence : resa@lacourroie.org

ou par téléphone : 04 90 32 11 41


Soupe, desserts et boissons

vous sont proposés

à partir de 19h15

(pas avant....merci beaucoup !) Boissons : 1€

Soupe : 3€

Desserts : 2€

et à l’issue du concert

Réservermailto:resa@lacourroie.org?subject=Reservation
Page d'accueilLa_Courroie.html

Ars dei Sonadori

de Venise à la Chapelle des Ducs de Bavière

Procession


Ce fut le jour

Passa mezzo et gamba

Madre de' peccatori

J'ai vu le loup  ou Ave Maris Stella


Concert


Du fond de ma pensée, psaume Roland de Lassus

Tu sai madonna mea, villanescha Roland de Lassus

La cortesia,  villanescha Roland de Lassus


Petite camusette, chanson Josquin Desprez

Petite camusette, chanson Adrian Willaert

Per pianto la mia carne, madrigal Roland de Lassus

Quand mon mary vient de dehors, chanson Roland de Lassus


Suzanne ung jour, chanson spirituelle Roland de Lassus

Ave regina coelorum, motet trium vocum Roland de Lassus

Cantione sine textu, chanson Roland de Lassus

Regina caeli laetare, motet Roland de Lassus


Justi tulerunt spolia, motet à deux voix Roland de Lassus

Salve Regina mater misericordiae, motet Roland de Lassus

Pater noster qui es in cælis, Ave Maria gratia, motets Josquin Desprez

Passomezo la doulce, quatre branles, les Fagots, danses éditées par Phalèse

S’io esca vivo, madrigal Roland de Lassus

Mon cueur mon corps, chanson  Adrian Willaert


Almande Bruynsmedelijn, Saltarello danses éditées par Phalèse

Hoboeken dans, la fiamenga, danses éditées par Phalèse

Si pour moy avez du souci, chanson Roland de Lassus

Las voulez vous qu'une personne chante, chanson Roland de Lassus

Vignon, vignette, chanson Roland de Lassus

Les instruments de la famille des violons, au XVIe siècle, jouaient en groupe de 4 à 6 instruments de tailles différentes (de la basse au soprano) appelés à Venise “Sonadori nuovi” («joueurs d’instruments nouveaux») en opposition au groupe «d’anciens instruments» en vogue au XVe siècle (luth, harpe et vièle). C’est vers 1530 que les confraternités vénitiennes comme San Rocco remplacent leurs musiciens au profit de ces nouveaux ensembles de six violons.

Violes et violons se propagent entre 1495 et 1520 dans les cours princières et papale italiennes : familles d’Este à Ferrara, Gonzaga à Mantova, etc. Sous l’impulsion humaniste, la viole de gambe est jouée par les nobles, en position assise, dénommée « da gamba » (de jambe). Les violons, par contre, sont joués par des groupes de professionnels, au service de ces mêmes familles ; ils ne peuvent s’assoir là où les codes de la hiérarchie ne les y autorisent pas et sont donc dénommés «da braccio» (de bras).

La première mention de la présence de ces ensembles de violons nous vient de la Maison de Savoie dans le piémont (1523). Un rapport de 1530 nous informe qu’un de ces ensembles a joué à l’inauguration de la nouvelle église de Brescia. Entre Venise et Milan, le nombre de ces citations ne cesse d’augmenter, nous informant de leur présence dans les processions, les fêtes et les cérémonies religieuses. Leur centre le plus renommé semble avoir été alors Brescia, berceau de la lutherie et pépinière de « sonatori di violini ».

La pratique musicale était alors en grande partie centrée sur la polyphonie francoflamande. Force est de constater le nombre de compositeurs réputés nés en Picardie ou en Flandre, et morts dans le nord de l’Italie au terme d’une brillante carrière, tels que Adrian Willaert, Ciprien de Rore, Roland de Lassus etc. Le répertoire des joueurs de violons incluait toutes les formes musicales influencées par cette polyphonie, comme les Chanson parisiennes, les Motets polyphoniques, les Danses, les Laudes, les Madrigaux, sans oublier l’improvisation polyphonique sur des Cantus firmus dont le thème pouvait être soit d’inspiration religieuse, soit populaire.

Le concert des « Sonadori » regroupe ce soir les deux principales pratiques journalières de ces «joueurs de violons» : d’une part la musiques pour le divertissement des princes lors des repas, des réceptions festives, des négociations politiques ou des bals (premiers ricercares, Chansons franco-flamandes dans leur version instrumentale ainsi que musiques de danse), et d’autre part, l’accompagnement du service religieux (qui nous permet de revisiter les véritables joyaux de la polyphonique sacrée de la Renaissance, joués le plus souvent au moment de l’offertoire, du graduel ou de l’élévation).